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pidge

Pseudo: Mathieu PigeonCatégorie: Journal IntimeDescription:
Écrire, c'est errer. C'est modeler nos pensées, les laisser nous mener par le bout du clavier. C'est choisir parmi le maëlstrom d'idées qui défriche notre tranquillité. Parfois, ça fait mal, d'autres fois, c'est génial. Toujours, c'est écrire SON histoire
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Samedi 16 Juin 2007
Oups, l'assiduité, pas toujours évident... Je me remets donc à mon clavier après plusieurs journées d'absence. Faut croire que l'écriture de lettres de présentation a réussi à vider ma sève prosaïque cette semaine. Pourtant, jusqu'ici, ma seule présence à Montréal était suffisante pour m'inspirer quelques lignes par jour, à tout le moins. Le moral était même au rendez-vous! Soleil oblige, j'aurais eu à me forcer pour déprimer ne serait-ce qu'un tant soit peu (je sais je sais, je me dirige encore vers un bulletin météo, veuillez m'excuser).

Alors, afin de ne pas donner trop de temps de glace à Dame Nature, je vous propose plutôt une petite réflexion sur ma dernière lecture, Le père de nos pères, de Bernard Werber (le célèbre auteur du livre Les Fourmis). Encore une fois, Werber nous transporte dans une fiction à saveur philosophique-scientifique, agrémentée d'une pincée d'humour, par-ci par-là, qui se centre sur l'une des grandes questions qui taraude l'esprit de l'humanité (et qui semble vraiment l'obnubiler, lui), c'est-à-dire "d'où venons-nous?". De cette interrogation universelle immerge une histoire rocambolesque où l'on enquête sur la présence de vestiges laissés par le "véritable" chaînon manquant. À l'intérieur de cette chasse à la vérité paléontologique, l'auteur y insère  parallèlement le récit de "IL", possiblement le père de nos pères, l'incarnation des débuts de l'humanité. Ce concept est intéressant, mais quelque chose d'indicible, d'inexplicable m'empêche de donner une bonne note à ce roman de Werber. Est-ce un manque de style? S'agit-il de la trame des actions ou des dialogues qui semble parfois trop simpliste, tellement qu'on y découvre souvent, a priori, les réflexions que l'auteur y suggère ou même le dénouement des intrigues? Je ne saurais dire vraiment... Sa touche d'humour m'apparaissait aussi mal placée quelquefois. Et cette critique vous est pourtant offerte de la part d'un véritable fan de Werber; j'ai lu plusieurs de ses livres et je sens un décalage entre le style adopté ici et celui emprunté dans ses autres oeuvres, beaucoup plus fignolées.

Fait inusité par contre - je dévoile ici l'élément central de l'intrigue, alors ceux qui seraient intéressés à lire ce bouquin, veuillez vous arrêter -,  la conclusion de l'histoire nous laisse sur une réflexion qui en vaut la chandelle. Je ne suis pas fana de paléontologie, et l'obsession en ce qui concerne les origines de l'humanité n'a jamais été mienne, mais je dois dire que l'hypothèse farfelue lancée par Werber mérite qu'on s'y arrête : l'aboutissement de l'intrigue propose en fait que l'Homme serait issu d'un croisement entre un primate et un porc (pour être plus précis, de son cousin africain, le facochère). Calomnie! Je me demande ce que Benoît XVI penserait de cette théorie? Werber, lui, nous illustre son idée en comparant les points communs entre le porc et l'humain : la peau rose, la pilosité moins drue (quoique certains hommes, de type mononc bedonnant, paraissent plutôt partager une parenté avec le gorille), l'intelligence (le porc serait encore plus intelligent que le chien), le régime omnivore, l'esprit familial fort, etc. Pour appuyer sa proposition, l'auteur nous présente aussi quelques arguments issus de la médecine moderne, comme le fait que le porc est le seul animal dont les organes sont compatibles avec le corps humain lorsqu'il est question de transplantation. Bref, intriguant comme idée... On ne s'y attend pas du tout lors de la lecture du livre.

Si cette hypothèse était vraie, alors il faudrait revoir nos habitudes de consommation de viande, cesser d'employer le nom de nos cousins suidés à titre d'insulte envers le corps policier, et, aussi, si l'on pousse le ridicule, changer la législation pour ce qui touche la définition de "bestialité" lorsqu'il est question d'actes sexuels entre un homme et une truie... Eh oui, certains agriculteurs se sont déjà fait prendre les culottes à terre, en train de prodiguer tendrement l'amour à leur amie porcine, bien au chaud dans la porcherie; ceux-ci pourraient peut-être maintenant vivre leur sexualité en paix, qui sait? Excusez, c'était trop facile.

Bon appétit!

Pidge
publié par Mathieu Pigeon publié dans : pidge
Samedi 09 Juin 2007
Je fais ça vite aujourd'hui, j'ai le jus de ma batterie de portable qui descend à vue d'oeil. Moins frustré qu'hier, toujours ça de gagné! Pourtant, j'ai l'étrange impression que je ressentirai toujours cette petite boule au ventre, ce petit hamster qui grignote en secret mon énergie jusqu'au moment où je me serai placé les pieds à quelque part. Ce n'est pas qu'une question financière, il s'agit surtout d'un élan ou d'un besoin de création, d'investissement de mon potentiel. Voilà, ça peut pas être plus clair que ça calvince!

Et pendant qu'il me tarde d'actualiser mes potentialités, Paris, elle, est de retour dans sa cellule, au grand bonheur de tous juristes qui se respectent. Incroyable à quel point ils peuvent [les médias] parler d'elle, lui donner tout le plancher médiatique. Alors pourquoi devrais-je en rajouter et embarquer dans cette danse en ligne écervelée? Tout simplement parce que, selon moi, cette histoire de détention au monde des célébrités méritait que l'on y porte deux secondes d'attention en ce qui a trait au précédent juridique que sa libération venait nous mettre sous les yeux. Je m'en contrefiche de savoir qu'elle trouve ça difficile de faire pipi dans sa toilette de cellule parce que le siège de la bolle est trop frette! Je m'en redouble-contrefiche de savoir qu'elle compte écrire (scusez, signer un livre qu'un lettré aura écrit pour elle) un livre sur sa grande épopée carcérale avant même de l'avoir traversée! Un sujet intéressant aurait pu consister en une analyse des impacts qu'aurait suscités sa libération (même si elle était consignée à son domicile) au plan du droit. Mais ça, c'est ennuyant, les gens, "y" veulent pas voir ou entendre parler de ça, "y" veulent du croustillant, de l'"écrapou", comme diraient les gars de RBO. Au royaume du superficiel, c'est l'écrapou qui est maître!

C'est tout.

Pidge


publié par Mathieu Pigeon publié dans : pidge
Vendredi 08 Juin 2007

Putain de recherche d’emploi! Fait chier! La montagne russe de la motivation, ça vous travaille les nerfs solidement. Il faut être proactif, dynamique, qu’ils disent… Garder le sourire, faire des suivis et ne pas se dégonfler quand on tombe sur les mêmes airs bêtes au téléphone – vous savez, ceux qui, à l’instar d’une bonne majorité d’employeurs, en ont ras le cul de vous entendre débiter vos conneries de chercheux de job au téléphone (en plus, je les comprends!). Il m’arrive parfois, en songe ou en rêve je ne sais trop, de me sentir comme un journaliste du vedettariat, aux abords du tapis rouge des Oscars, micro tendu à bout de bras, gueulant parmi la meute d’affamés du superficiel, faisant des pieds et des mains pour que Brad Pitt ou Angelina Jolie daigne bien m’accorder l’exclusivité d’un salut et d’un commentaire épais à la caméra. Mes Brad Pitt à moi, ce sont les employeurs! Et le paquet d’autres journalistes, eh bien ce sont les 15 000 candidats contre lesquels je suis en compétition pour l’obtention d’un seul viarge de poste (scusez le langage).

 

Pis en plus de ça, croyez-le ou non, la Paris Hilton, elle, n’a qu’à lever le ti doigt pour obtenir ce qu’elle veut : dans le cas qui nous occupe, c’est-à-dire une quasi-libération après seulement 3 jours de détention. Non mais, avouez quand même que ça tombe sous le sens! Quel lien avec ce dont je parlais plus haut? Pratiquement aucun, j’ai juste le goût de cracher le goût amer que me laisse l’insignifiance de la société sur mes papilles idéologiques frustrées. Ça sert à ça un blogue, à l’occasion, non? C’était ma section faits divers / inusité.

 

Du reste, ben je suis pas si à plaindre que ça… Une boule de stress, faut crever ça quand elle est bien juteuse et écarlate. Désolé, c’était le cas aujourd’hui. Sur une autre note, plus tendre, j’ai eu la chance, à Montréal aujourd’hui, d’apprécier le beau temps printanier, quoique estival au plan chaleur (oups, je me dirige insidieusement vers une chronique météo, scusez). Les moteurs de F1 vrombissant dans mes oreilles, j’avais presque l’impression de faire du 200 à l’heure avec mes patins, candidement, sur la piste cyclable au bord du canal chinois. Assez grisant comme expérience; il faut bien rêver un peu. Par contre, je pense bien que d’entendre ces bruits de moteurs stridents, pour ne pas dire tonitruants, toute la fin de semaine finirait bien par me tomber sur le gros nerf. D’aucuns m’insulteraient en me lançant que je ne suis pas un vrai homme pour ne pas apprécier ainsi le call de la F1. Ça se peut. Je rajouterais même que j’aurais de la misère, supposant que je sois sur le site, à baver d’envie devant les pitounes Molson Dry (ou je ne sais quelle compagnie) qui se dandinent devant la populace pour attiser la soif légendaire de la gent masculine. On les appelle en plus les « ambassadrices »! Les duchesses du Carnaval doivent se retourner dans leurs tombes en entendant de telles conneries. En tout cas, j’ai vu quelques-unes de ces grandes diplomates à la « tivi » aujourd’hui et je dois dire que c’est pas reluisant. Mais où sont passées mes hormones??

Pidge, le frustré du jour  

publié par Mathieu Pigeon publié dans : pidge
Jeudi 07 Juin 2007

Gare à vous Monctoniens! (Monctois ou Monctonois, bref, les citoyens de Moncton au Nouveau-Brunswick) Belzébuth lui-même cherche à prendre pays au cœur de votre fief! Il a envoyé ses suppôts accomplir ses basses besognes sur la terre pure de vos acadiens d’ancêtres. De quel maléfice s’agit-il? Protégez bien vos oreilles chastes : il est question d’échangisme, cette perversité de la luxure. Elle est à vos portes! Il n’en tient qu’à vous de préserver votre honneur, de maintenir votre communauté sur les voies du Tout-puissant!

 

Ça me dépasse toujours de constater à quel point la sexualité demeure un sujet tabou dans nos sociétés supposément postmodernes. En fait, l’industrie du sexe se situe probablement parmi les cinq marchés les plus lucratifs au monde (après l’industrie de l’armement, de la drogue [pharmaceutique comprise] et du pétrole). Et malgré son omniprésence incontestable, il est facile de remarquer, ici et là, toutes sortes de contestations qui relèvent d’un puritanisme hautain. C’est justement le cas cette semaine, à Moncton : un particulier désire y ouvrir un établissement commercial pour échangistes. Mais voilà, plusieurs membres de la communauté ne voient pas le projet du même œil; ils ont même interpellé leur député afin de trouver des recours légaux pour contrecarrer l’ouverture de ce club de dangereux dépravés. Le député en question est un des ténors du cabinet au gouvernement de la province : ministre de la santé, il compte utiliser tout le pouvoir nécessaire pour empêcher la venue d’un premier club échangiste au Nouveau-Brunswick. Tout se passe comme s’il faisait fi du jugement de 1995 de la Cour suprême, qui légalisait justement l’exploitation de tels commerces.

 

Comprenez-moi bien ici. Je ne vous fais pas un plaidoyer en faveur de l’échangisme, et je n’ai nullement l’intention de jouer au prophète de la liberté sexuelle. Par contre, je tiens à souligner tout le ridicule entourant ces montées de lait de gens qui manifestent leur désaccord face à de telles pratiques. À vrai dire, je ne vois pas ce qu’on peut avancer comme argument de taille pour défendre la thèse des « contre », celle qui parle d’ « immoralité », de pratiques « nuisibles » pour la communauté. Qui est heurté exactement par les activités sexuelles qui ont cours, entre adultes consentants, dans ces établissements? Quelle loi est transgressée ici? Il m’est difficile de saisir la désapprobation colérique d’une partie de la population sur ce sujet. Pour une fois que des commerces de l’industrie du sexe n’engagent pas de personnel qui, en échange d’une certaine somme d’argent, s’adonne à toutes sortes d’actes sexuels sans véritable désir ou consentement; au contraire, les échangistes ne paient que leur entrée au club et les consommations (non alcoolisées) en vente sur place. Bref, il est simplement question d’un lieu de rencontre qui affiche, sans vergogne, que l’on peut s’y adonner à des échanges sexuels entre partenaires consentants, si le cœur nous en dit.  Quel outrage!

 

Les ouailles enragées, défendant corps et âmes les derniers retranchements purs de notre société, brandissent souvent haut et fort la théorie selon laquelle le fait de tolérer des activités comme l’échangisme constituerait une invitation l’augmentation du vice et de la  débauche. En quelque sorte le même type d’argument utilisé lorsqu’il est question de décriminalisation de la marijuana. À cela je répondrais ceci : nul besoin de la prolifération des clubs d’échangistes pour se dépraver sexuellement; suffit de « surfer » un peu sur le net pour y trouver toutes sortes de cochonneries; on n’a aussi qu’à ouvrir les pages jaunes ou à regarder les annonces classées pour y voir une multitude d’offres d’escortes, un service de prostitution à peine voilé qui opère depuis la nuit des temps; finalement, une simple visite dans les bars de danseuses permet de vautrer notre regard dans le péché, et même de s’adonner à toutes sortes d’activités répréhensibles en toute discrétion – et ce, en comptant sur la vigilance des forces de l’ordre afin de passer des moments de détente sans encombrements.

 

Pardonnez mon ton satirique, mais ça me fait péter les plombs d’entendre des innocents à la « tivi » s’indigner naïvement, en vraies vierges offensées, de la présence de l’échangisme dans leur territoire. Tant qu’à pousser l’ire encore plus, ces gens devraient demander à la police d’enquêter dans les congrès d’affaires et les soupers intimes entre couples d’amis : c’est suspect comme rencontres tout ça, il s’y passe souvent des affaires cochonnes…

 

Ironiquement vôtre,

 

Pidge

publié par Mathieu Pigeon publié dans : pidge
Lundi 04 Juin 2007

Temps maussade, plume tristounette… J’ai l’"humeuromètre" tout bouleversé! Pourquoi la grisaille de l’esprit s’installe-t-elle toujours de concert avec les nuages dans le ciel? C’est pas pour rien qu’ils appellent ça des zones de dépression à la météo : ils ont tout compris les salauds! Le canal météo est en quelque sorte le baromètre du moral de la plèbe; il nous donne, à tout un chacun, un sujet pour chigner, pour se plaindre des mauvais présages de la semaine, pour s’échanger nos angoisses météorologiques… Bon, c’était mon bulletin météo d’aujourd’hui. Désolé, c’est comme un appel, faut ben trouver un coupable facile quand on est en panne.

 

À vrai dire, la météo me sert un peu de « dernier recours » aujourd’hui question inspiration. Si je me suis créé un blogue, c’est pour garder mon muscle littéraire en forme; pou m’obliger à rédiger quelque chose, même lorsque rien ne perce la masse nuageuse qui embrume mon cerveau (quelle belle métaphore météorologique); pour engager un discours avec mes proches, ou même des moins proches, au sujet des touts-et-riens qui peuplent mes errances « claviériques ».

 

D’ailleurs, question de répondre à mon premier commentaire, Andréanne, je dois dire que je suis déçu pour toi que la vue du beau Brad n’ait pas répondu à tes attentes. Souvent, le réel contraste avec l’imaginaire, et la « tivi » est justement la grande déesse de l’imaginaire. Je sais bien qu’il ne s’agit pas là d’une grande révélation : fallait juste que je réponde à ton commentaire, et c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour aujourd’hui. ;-)

 Ne m’en tiens pas rigueur, s’il te plaît.

 

Alors, les poussinneaux les poussinnettes, je tire ma révérence pour aujourd’hui, le cœur n’y est pas. Je me reprendrai dans le prochain détour, sans fautes.

 

Bonne météo à tous!

 

publié par Mathieu Pigeon publié dans : pidge
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